Adjectif : analyses et recherches sur les TICE

Revue d'interface entre recherches et pratiques en éducation et formation 

Barre oblique

Des MOOCs et des questions internationales

jeudi 18 juin 2015.


Par Maroulla Bakarat Durieux

Les MOOCs (Massive Online Open courses) en 2015, font débats. Nous allons dans cette brève, rapporter quelques-unes des questions vives.

Matthieu Cisel, dans son article « MOOC : Les conditions de la réussite » (2014), interroge l’efficacité des cours MOOC et les moyens pour mesurer leurs succès.
D’après lui, il ne suffirait pas de regarder le nombre d’abonnés par cours pour juger de son intérêt mais de voir comment ce qui a été appris a été assimilé et utilisé (p. 1) et s’interroger sur les facteurs qui aident à la réussite comme les connaissances initiales de la personne, sa motivation et ses contraintes personnelles (p. 2).
Il pose les questions de l’enseignement pour tous avec l’open-education (p. 2) et des moyens de la démocratisation des savoirs (p. 2) : « la démocratisation de l’éducation et la question de l’égalité des chances représentant des valeurs phares de notre service public » (p. 3).
Le doctorant semble encourager les établissements publics d’enseignement supérieur à suivre le mouvement de création de Moocs en définissant leurs objectifs.

Dans la vidéo intitulée « la FIED : intervention sur les MOOC’s » (2013), l’auteur Antoine Ramzy exprime que l’intérêt de tels dispositifs pour les apprenants serait peut-être dû à l’éventuelle possibilité d’interagir avec des spécialistes et chercheurs de grandes renommées en s’affranchissant des lieux et des livres (2mn). Il questionne aussi la formidable opportunité pour un enseignant d’y promouvoir ses recherches et ouvrages. (2mn37)

Pourtant, Pascal Engel, dans « Les MOOCs : des drones pour l’université ? », réfute l’idée selon laquelle les MOOCs ouvriraient les portes de l’enseignement supérieur au plus grand nombre. À la question : « le fait qu’un cours soit vu par des millions de gens, leur donne-t-il accès à l’enseignement supérieur ? », il répond que les étudiants à distance ne reçoivent pas les mêmes cours que ceux en présentiels. Il s’agit pour lui d’une autre façon d’enseigner ; il n’y aurait pas les mêmes interactions. Par conséquent, il serait illusoire de croire qu’il s’agit d’un cours de même niveau (p. 181). L’évaluation entre pairs et la relation inexistante avec l’enseignant justifieraient pour lui des raisons pour ne pas les qualifier du niveau de l’enseignement supérieur. Il ajoute « Il y a tout lieu de craindre que les « cours massifs ouverts en ligne ne soient des armes de destruction massive de l’enseignement supérieur » (p. 185).
Par ailleurs, il questionne l’idée de leur gratuité véhiculée ici et là qui n’est selon lui qu’une « forme d’escroquerie » (p. 182).En effet, dès qu’il est question de demander à être sanctionné par un diplôme, la gratuité cesse.

Ces quelques questions soulevées ici montrent la complexité des enjeux internationaux. Il s’agirait notamment de poursuivre l’analyse des enjeux financiers, économiques et pédagogiques. Il serait nécessaire de s’interroger sur les contenus des cours, sur les méthodes d’enseignement appropriées selon différents publics, de questionner le rôle de l’enseignant, les valeurs des formations, des certificats et d’éventuelles opportunités de diplômes. Une réflexion approfondie semble s’imposer.

Références

  • Mathieu Cisel, (2014), « MOOC : les conditions de la réussite », In revue Distance et Médiations des Savoirs, en ligne http://dms.revues.org/864, consulté le 13/3/2015

 

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