Adjectif : analyses et recherches sur les TICE

Revue d'interface entre recherches et pratiques en éducation et formation 

Barre oblique

Les évolutions du métier d’enseignant, les retours de la recherche (2ème Partie) : la formation à l’usage pédagogique du numérique, didactique des langues et formation des enseignants

mercredi 29 octobre 2014.


Par Annick Ghislaine OUATTARA

Pierre Salam et Arnauld Séjourné, tous deux chercheurs au CREN [1], ont présenté [2] un ensemble de travaux autour de deux questions essentielles : « Pourquoi former les enseignants au Numérique ? » et « Comment former des enseignants au Numérique ? »

I/ POURQUOI FORMER LES ENSEIGNANTS AU NUMÉRIQUE ?

La question du « Pourquoi ? » est légitime en raison des implications de la démultiplication actuelle des outils technologiques dans l’espace classe et de l’accès massif au savoir. Sans compter que la succession des générations Internet [3] pose la problématique de nouveaux repères à offrir aux apprenants.

Les tentatives de réponse à cette première interrogation s’appuient sur trois résultats d’enquêtes :

1. La première enquête s’est déroulée en 2008. Elle a concerné une population québécoise ayant un âge compris entre 12 et 24 ans. Sur la base du déclaratif, les 12-18 ans utilisent Internet en moyenne 16 heures par semaine et les 18-24 ans, 22 heures. En s’intéressant particulièrement aux étudiants de L1, ils disent utiliser les TICE majoritairement pour la recherche d’information, le clavardage, le réseautage et le jeu. Le rapport à l’écriture est faible car très peu disent écrire dans un wiki.

2. La deuxième, UsaTICE, dirigée en 2013 par Philippe COTTIER, montre que les lycéens ont une préférence pour les usages ludiques du numérique auxquels ils consacrent plus de quatre heures par jour contre un volume horaire moyen de 7h13 de travail personnel par semaine. Le rapport aux études a permis la définition de quatre profils lycéens à savoir les productifs, les laborieux, les dilettantes et les oisifs. Les lycéens des établissements dotés de l’environnement e-lyco fréquentent plus massivement les ENT. Toutefois, ces pratiques sont relatives car motivées par la nouveauté, elles s’estompent progressivement au profit des usages prescrits.

3. La troisième portant sur un établissement américain montre que les étudiants ont une préférence pour les dispositifs hybrides. Ils estiment que le numérique enrichit les enseignements et l’accès au wifi améliore leur scolarité.

En bref, la réponse au « Pourquoi ? » est naturelle. Une formation aux TICE s’impose pour la responsabilisation et la sensibilisation des apprenants à une pratique raisonnée du numérique, et ce dès l’école primaire avec le B2i. L’appropriation et le savoir-faire des enseignants sont donc impératifs. Ne leur faut-il savoir se servir des TICE pour ajuster leurs enseignements ? La diversification des compétences devient aujourd’hui une exigence. C’est alors qu’intervient la question du « Comment ? »

II/ Comment bien accompagner les enseignants aux usages du Numériques ?

Salam et Séjourné essaient d’y répondre à partir de deux études :

1. Le cas de la didactique des langues  : Sur les 33 Masters de langues étrangères existants en France en 2011, date du début de la recherche, 30 proposaient une UE TICE. À l’université de Nantes, cette UE est au programme durant les deux années de Master mais les scénarios restent enfermés dans l’espace classe. Aussi deux projets y pallient-ils.

  • Le projet français en première ligne dans le cadre d’une recherche-action lancé en 2002 intégrant les universités de Grenoble, Lyon et bientôt du Maine en partenariat avec les universités d’Australie, des États-Unis, d’Espagne, Lettonie et Chypre.
  • Le cas du partenariat avec l’université Sophia de Tokyo : d’un côté, la classe française et de l’autre la classe japonaise, toutes deux conduites par un enseignant (François Mangenot pour la française). Chaque groupe prépare le projet via une pédagogie à distance dans laquelle les étudiants du master FLE sont chargés de suivre les étudiants japonais depuis Moodle. Le dispositif a connu deux phases. La première, la conception, dans laquelle les futurs enseignants sont mis en situation d’apprentis-concepteurs en développant des scénarios pédagogiques à mettre en ligne. La seconde, le tutorat, dans laquelle ces enseignants-concepteurs deviennent tuteurs. Les tâches réalisées et mises en ligne par les étudiants japonais sont corrigées par les français d’où de fréquentes interactions. Ainsi les futurs enseignants seront-ils formés à la fois à la conception et au tutorat.

2. Le second projet lancé en 1997 et met en collaboration différents apprenants d’universités dont l’objectif final est la production d’un document intégrant les TICE depuis la plateforme Galanet.

En bref, la réponse au « Comment ? » peut trouver une esquisse de réponse dans l’encouragement des projets inter-universitaires, la collaboration et la mutualisation des pratiques, et des recherches-actions autour du numérique.

Voir
Recherche UsaTICE.CREN.2013.pdf consulté de http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&ved=0CC8QFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.msh.univ-nantes.fr%2Fservlet%2Fcom.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw%3FCODE_FICHIER%3D1384417492198%26ID_FICHE%3D9862&ei=Gy9GVLDQDNPVaoe4gtgC&usg=AFQjCNGfyT_xYu2GHb-xqaN-DmOVWKEv0A&sig2=lA4h-KuG60hACT63_GB-qw&bvm=bv.77880786,d.d2s

[1Centre de Recherche en Éducation de Nantes

[2Sur Canal U : 19mn31 à la fin

[3digital natives, petites poucettes, les C (la Génération Collaborative, Créative, en Crise)


 

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