Adjectif : analyses et recherches sur les TICE

Revue d'interface entre recherches et pratiques en éducation et formation 

Barre oblique

Utilisation des tablettes numériques à l’école

mardi 20 janvier 2015.

Mots-clés


Par Sevastiani Touloupaki

Cette brève présente deux textes et une vidéo qui permettent d’interroger comment les tablettes numériques peuvent être utilisées au service de l’éducation en milieux scolaires.

Dans la vidéo du Scéren (2011), une directrice d’école maternelle présente l’utilisation d’une table interactive avec des élèves de la petite section. Elle expose les objectifs pédagogiques qu’elle a choisi d’atteindre avec une collègue : « effectuer un travail très riche sur le vocabulaire », (01 :34), permettre « la reconnaissance par l’élève de son prénom et des prénoms des autres élèves » (01 :44) et « des lettres du vocabulaire », (01 :46) « favoriser les interactions langagières », (02 :11) et « la coopération entre les enfants », (03 :00) ; « permettre d’exprimer un point de vue personnel », (03 :50) ; « développer des compétences pour devenir élève », (03 :35). Il est aussi explicité dans la vidéo que les enfants peuvent avoir accès à cet équipement en autonomie ou accompagnés par l’enseignant qui donne les consignes et régule les échanges. Par ailleurs, la table interactive semble permettre « de partir d’éléments très proches des enfants », (05 :16) et de développer la motivation à s’impliquer dans des activités variées.

L’article de Bernard et al. (2013) concerne pour sa part, « les évolutions susceptibles d’être observées sur le plan interactionnel lors de l’utilisation des tablettes tactiles par un groupe d’élèves » (p. 2), à l’occasion des différentes séances de travail. Les auteurs se sont intéressés aux relations qui se forment « au sein d’un groupe d’apprenants aux prises avec le dit instrument ». Cependant, la question principale ici est la suivante : « comment un artefact, en l’occurrence les tablettes tactiles, va s’intégrer à l’activité d’un groupe d’élèves pour acquérir le statut d’instrument ? ». Cette question a deux ancrages théoriques. Le premier (p. 4) est la théorie de l’instrumentalisation d’artefacts cognitifs de Rabardel (1995). Le second ancrage (p. 4) est le cadre Vygotskien de l’interactionnisme social, selon lequel les apprentissages des élèves vont être favorisés par des échanges entre élèves et enseignants. Dans cette perspective, « la tablette va être appréhendée comme le média sur lequel va s’appuyer et évoluer la communication entre usagers » (Bernard et al., 2013, p. 4).

Leur recherche s’est appuyée sur les observations d’un groupe de trois élèves de CM2, qui a utilisé les tablettes pour prendre des notes lors des sorties scolaires. Les élèves avaient ainsi la possibilité de découvrir et d’enrichir leur connaissance de la ville de Paris, à l’époque de la Révolution Française, avec les documents numériques à leur disposition (p. 8).

François Villemonteix et Mehdi Khaneboubi (2013) explorent quant à eux l’utilisation des tablettes numériques, de modèle IPAD, dans le contexte spécifique de trois établissements scolaires de niveaux différents : une école, un collège, et un lycée. À partir d’une méthodologie qualitative basée sur l’analyse de 13 entretiens semi-directifs et d’observations de situations de classe, ils font le constat que l’organisation différente des établissements scolaires et les caractéristiques du métier d’enseignant, dans le premier ou le second degré, semble influencer les usages et non usages des tablettes numériques.

Dans le cas de l’école élémentaire les porteurs de projet utilisent les tablettes numériques en se focalisant sur l’activité d’élèves et les différents traitements de logiciels, en relation avec des objectifs didactiques. Par exemple, un professeur utilise un logiciel de brainstorming, IcardSort, pour que les élèves puissent construire des cartes afin d’aborder les égalités mathématiques (p. 13).

Enfin, pour intégrer les tablettes dans la classe, les enseignants du collège et du lycée, organisent leur cours en faisant une connexion entre leurs méthodes d’enseignement et d’autres technologies. Dans le cas du collège par exemple, un enseignant de physique utilise les tablettes une fois sur deux pour soutenir de façon visuelle les travaux pratiques de la production et de la communication des documents. (p. 13) Dans le cadre du lycée, un professeur utilise les tablettes pendant la réalisation d’un projet pour la construction d’une patinette électrique écologique. Plus précisément ils utilisent une application qui permet aux élèves le partage de la même surface d’esquisse sur plusieurs machines ; cela ajoute de l’interactivité au travail de la classe (p. 14).

Les usages des tablettes sont variés et se construisent semblent-ils en relation non seulement avec des contextes institutionnels (relation aux programmes et aux établissements) mais aussi en relation avec les choix des acteurs en présence.

Références

Ressources associées

  • Académie de Champagne Ardenne, Maryse Chrétien (2011). « Utilisation de la table interactive en petite section de maternelle », Scéren, Vidéo de 06min32, CNDP-CRDP, [Εn ligne] https://www.youtube.com/watch?v=wpBzgwIurcU, consulté le 30/10/2014

 

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