Téléphone mobile et école : irréconciliables ?

Mise à jour de l’article paru le 12/04/11
dimanche 16 décembre 2012 par Stéphanie de VANSSAY

Apprentie chercheuse et enseignante attentive aux enjeux de l’utilisation des TICE en classe, je souhaite partager une prise de position et un questionnement fondés sur mon expérience professionnelle.

L’usage des téléphones mobiles perturbe la classe et déconcentre les élèves, c’est pour cela qu’en France, leur utilisation est le plus souvent interdite dans les établissements scolaires.

D’un autre côté, l’utilisation des nouvelles technologies à l’école est freinée par un problème de moyens ; équiper les établissements avec du matériel récent est très coûteux. De plus, quand le matériel est disponible, c’est souvent fastidieux pour les enseignants de devoir s’organiser pour réserver la salle informatique et cela interdit tout usage non programmé.

Alors pourquoi ne pas utiliser tout simplement ce que les élèves ont déjà en grande majorité avec eux ? De plus en plus d’adolescents possèdent des smartphones, véritables ordinateurs de poche, avec des abonnements permettant un accès illimité à Internet. Leur utilisation est flexible, rapidement opérationnelle et les élèves connaissent déjà leur outil.

Le monde scolaire doit-il intégrer un outil juste parce qu’il existe et est disponible ? Peut-il a contrario se permettre d’ignorer un tel outil ?

Á quoi un smartphone peut-il servir en classe ? J’ai interrogé les professeurs de mon réseau sur Twitter [1] ils ont plein de suggestions et beaucoup l’utilisent déjà !
- pour permettre aux élèves de chercher et de vérifier eux-mêmes des informations
- pour tweeter, donc produire un écrit clair et synthétique pour communiquer
- pour traduire un mot en anglais
- pour prendre des notes
- pour consulter une vidéo en lien avec le cours
- pour photographier un travail et en garder la trace
- pour filmer un enchaînement ou une chorégraphie en EPS

… sans compter l’utilisation d’une multitude d’applications permettant de faire du calcul mental, de la géométrie, de la physique, d’apprendre des langues étrangères, de remplacer les traditionnelles calculatrices...

De nombreuses questions seraient intéressantes à explorer :
Est-ce qu’une utilisation en classe ne serait pas une façon de faire changer l’outil de statut, il ne serait plus un jeu mais un instrument de savoir ? Est-ce que son usage favorise l’autonomie des élèves ? Qu’est-ce que cela change dans la façon de travailler en classe ? Quels effets sur le rôle du professeur ? Est-ce que cela modifie les usages personnels des élèves ? L’utilisent-ils pour leurs devoirs ?

Ce site Suisse propose aux enseignants un dossier pour faciliter l’introduction de l’apprentissage mobile dans les classes. Dans un village de Suisse toujours, on expérimente même le prêt d’un smartphone à tous les écoliers de 12 ans, qu’ils peuvent utiliser à l’école et chez eux. Sur cette vidéo, on voit également comment le smartphone est utilisé dans le cadre des études de médecine dans une faculté en Angleterre ; il sert à l’évaluation des étudiants et leur permet un accès permanent à des livres de médecine numérisés. En France, une recherche est actuellement menée par Florent Carlier et Valérie Renault (2011) [2] sur l’évolution des pratiques pédagogiques vers des supports mobiles et des difficultés d’interactions asynchrones en étudiant deux scénarios complémentaires : l’un dédié à l’expérimentation de la mobilité de l’agent sur une plateforme Moodle et le second à l’aide au tuteur via un système mobile, tel qu’un iPhone.

Le smartphone est l’outil incontournable de la mobilité et de l’informatique dans les nuages (cloud computing), l’enseignement ne peut ignorer ce phénomène dans les opportunités qu’il offre et les nouvelles problématiques en terme de posture de l’enseignant et de gestion du temps et de l’espace qu’il ne manquera pas de poser.

[1Twitter est un réseau social qui permet de communiquer avec des messages courts, de nombreux enseignants l’utilisent comme une salle des professeurs virtuelle et élargie pour échanger, certains l’utilisent même avec leurs élèves (cf. l’article « Utiliser Twitter à l’école »)

[2Florent Carlier, Valérie Renault, iFrimousse : Portails web éducatifs augmentés de terminaux mobiles, Revue STICEF, Volume 17, 2010, ISSN : 1764-7223, mis en ligne le 28/01/2011, http://sticef.org


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