Les usages professionnels de l’internet chez les enseignants du primaire

vendredi 20 février 2015 par Maxime Duquesnoy

Pour citer cet article :

Duquesnoy Maxime (2015). Les usages professionnels de l’internet chez les enseignants du primaire. Adjectif.net [En ligne]. Mis en ligne le vendredi 20 février 2015. URL : http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article336

Résumé :

Cet article est la synthèse d’une thèse qui, à la lumière des sociologies du travail et de l’éducation, se propose d’analyser les usages professionnels d’Internet par les enseignants du primaire, en Communauté française de Belgique.

Mots clés :

École primaire, Belgique, Enseignement et apprentissage via Internet, Enseignant du primaire, Usages d’Internet, Travail enseignant, Site internet, Réseaux socionumériques, Technologies de l’information et de la communication (TIC), Informatique

Problématique

Le développement d’Internet et la place que le réseau a pris dans le quotidien des citoyens et des institutions a induit divers changements dans les pratiques, modifications auxquelles n’échappent pas la sphère scolaire et le travail enseignant. Les projets d’équipement se sont succédé tandis que, peu à peu, divers changements ont imprégné le quotidien : communication par le biais du courrier électronique, mise en ligne de documents, relevés de notes en ligne, etc. Les usages d’internet s’intègrent aussi dans les apprentissages que ce soit au sein de la classe, ou dans la tâche plus « artisanale » de la préparation des cours qui s’accoutume très facilement des avantages que lui procure le réseau mondial. Recherche d’images ou de documents, d’idées ou de supports, la « toile » est exploitée comme une mine aux richesses innombrables. Ce système de communication que constitue internet dépasse largement les rouages institutionnels. Spontanément, des sites sont créés pour partager des idées de leçons, pour discuter du « malaise » vécu par les enseignants, pour mettre en exergue un projet éducatif ou échanger des ressources.

Dès lors, on constate qu’Internet n’est pas un simple dispositif éducatif : il est un outil présent au cœur du travail enseignant. Cette recherche se propose donc d’interroger les usages d’internet à travers toutes les facettes du travail enseignant, que les tâches fassent partie du travail visible ou caché de cette profession. Une approche croisée et transversale doit permettre d’interroger tant le travail enseignant que l’usage d’internet dans les pratiques quotidiennes. En effet, il ne s’agit pas de juger du bien-fondé des pratiques mais bien de s’intéresser à celles-ci, de prendre un recul nécessaire et bénéfique pour les analyser, les mettre en perspective et s’interroger sur les effets que cette utilisation peut générer dans le quotidien de ces praticiens. En s’appuyant sur diverses recherches menées autour du travail enseignant, cette thèse postule que les pratiques et les usages peuvent différer selon le niveau d’enseignement mais aussi selon le système éducatif. Afin de réduire cette variable, la recherche menée concerne une population spécifique, celle des enseignants du primaire en communauté française de Belgique.

Méthodologie

L’approche méthodologique de cette recherche se veut plurielle, croisant les procédés pour saisir au mieux l’objet qu’elle interroge. Pour ce faire, plusieurs démarches ont été convoquées que ce soit une enquête par questionnaires, une approche ethnographique ou encore l’analyse de sites internet et de réseaux socionumériques. Ces éléments ont été complétés par une présence active du chercheur en ligne, par le biais d’un site et de comptes spécifiques sur les réseaux socionumériques.

L’enquête par questionnaires a privilégié le choix d’une passation au format « papier » afin de pouvoir interroger tous les enseignants, même ceux qui n’utilisent pas internet. Si certains questionnaires ont été remplis en ligne, ils ne constituent qu’une faible part des 205 questionnaires traités. Outre les réponses apportées, il est à souligner que les annotations sur les questionnaires ont été également une source d’analyse, permettant de nuancer certaines réponses, d’investiguer certains axes.

L’approche ethnographique, deuxième axe méthodologique, a apporté des éléments de contextualisation et la possibilité de nuancer les premières analyses à la lumière de la réalité du terrain. En intégrant une école primaire durant 3 années scolaires, le chercheur a pu approcher les enseignants au quotidien, établir un lien unique qui a facilité les échanges et les discussions. La place occupée dans cet établissement, les discussions avec les instituteurs ont permis de contextualiser les utilisations d’internet, d’en comprendre tant les usages que les non-usages ou les pratiques limitées. En outre, cette position a aussi permis d’accéder à certains terrains réservés aux enseignants en fonction.

L’analyse de sites a nécessité une approche spécifique et le deuil de certains éléments. Face à la pléthore de sites, au caractère éphémères de certains, certains choix ont dû être opérés. Sur base de l’enquête par questionnaires qui a permis de cibler les sites les plus fréquemment consultés par les enseignants, l’analyse s’est donc concentrée sur une dizaine d’entre eux. De plus, une veille constante a conduit vers d’autres espaces à investiguer tels les réseaux socionumériques.

Enfin, une présence en ligne par le biais d’un site à vocation éducative et ses annexes sur les réseaux socionumériques a constitué une dernière approche, complémentaire aux précédentes. Cette présence virtuelle a permis de vérifier certaines hypothèses, d’investiguer d’autres pistes, de comparer ses effets avec d’autres sites et comptes similaires.

Les usages d’internet au quotidien

L’immersion, durant trois années scolaires, au sein d’une école primaire, a permis de mettre en lumière de nombreux éléments. Tout d’abord, nous pouvons noter que l’usage d’internet au quotidien est, avant tout, pragmatique. Internet est utilisé pour répondre à un besoin que certains enseignants estiment fondamental : trouver des ressources pour préparer ses cours. Documents, feuilles d’exercices, images et illustrations sont ainsi les « trésors » pour lesquels les instituteurs partent en quête sur le web. La compulsation de manuels scolaires s’enrichit, voire se remplace, par le surf sur internet. L’usage professionnel d’internet semble se concentrer, avant tout, autour de la préparation des cours. Au sein de l’école analysée, Internet trouve encore difficilement sa place dans les pratiques pédagogiques. Si la présence de tableaux interactifs ou d’ordinateurs au sein même de la classe a modifié les pratiques, celles-ci restent limitées. Se rendre au local informatique avec les élèves relève d’une action peu fréquente, voire totalement délaissée. Pourtant, internet fait partie du quotidien d’une grande part de ces enseignants. Ils disposent d’une adresse email, fréquentent de nombreux sites, utilisent des ressources extraites du web. Parfois, il ne s’agit que d’un passage qui permettra de « retrouver les ciseaux et le pot de colle pour faire des montages et des collages ».

Bien que l’étude porte sur la situation singulière d’une école, son analyse est intéressante à bien des points de vue. On constate, ainsi, que l’approche graduelle qu’a adoptée la direction a permis de contourner certaines appréhensions, de s’assurer de l’adhésion d’une partie importante du corps professoral.

Un autre élément rend cette école particulièrement riche du point de vue de la recherche : la diversité des profils de ses acteurs. Chacun y entretient un rapport particulier dans ses usages professionnels d’internet. L’attitude d’une enseignante, par exemple, nous éclaire sur les non-usages d’internet, permettant de dépasser le simple constat et de comprendre que l’angoisse que suscite l’outil est « paralysant » pour cette institutrice. Le cas différent d’une de ses collègues permet de comprendre que le non-usage tient davantage, chez elle, d’une stratégie lui permettant d’indiquer sa résistance aux modifications qui touchent sa fonction. Sous formes de « vignettes », divers profils sont ainsi mis en lumière comme, par exemple, la figure d’une jeune enseignante qui peine à intégrer Internet de façon globale dans son travail alors qu’elle se dit consciente des atouts que cela peut représenter, oscillant entre la volonté d’utiliser cet outil et le maintien d’usages qu’elle maîtrise, qu’elle a intégrés et assimilés dans son quotidien. L’étude de cette école permet donc de prendre conscience de l’écart qui peut exister entre les enseignants mais aussi entre ces acteurs et leur ligne hiérarchique. On constate ainsi que l’équipement technologique est certes nécessaire mais n’est pas une condition suffisante pour générer les usages.

L’enquête par questionnaires, en sondant quelque 200 enseignants du primaire, permet de relever une relative homogénéité dans les pratiques et les usages. L’âge, le genre, l’ancienneté ou encore le réseau d’enseignement semblent être des variables peu déterminantes. A quelques exceptions près, les corrélations sont peu significatives. Toutefois, certaines d’entre elles se neutralisent. Ainsi, les plus jeunes semblent davantage familiers avec l’usage d’internet mais peinent à l’utiliser en classe. Cet usage ne se développe qu’avec l’expérience, élément qui permet de dépasser certaines épreuves comme la gestion de la classe et qui laisse alors entrevoir la possibilité de « prendre le risque » d’utiliser internet avec les élèves. L’enquête montre bien que l’usage internet se déroule le plus souvent au domicile de l’enseignant. La connexion à l’école est faible, voire inexistante. Équipé à titre privé, les enseignants du primaire vont ainsi utiliser principalement internet pour gérer leurs mails, rechercher des informations et particulièrement des ressources pour leurs cours. Tant le lieu que les usages vont générer une situation particulière : la limite entre l’usage privé et professionnel. La correspondance par email, la présence sur les réseaux socionumériques ou sur certains sites mêlent le privé et le professionnel, réduit pour certains l’idée de travail et crée, de ce fait, une « zone grise ». Nombre d’enseignants traduisent cette situation en évoquant le paradoxe « qu’internet leur fait gagner du temps tout en leur faisant perdre du temps ».

Indéniablement, c’est la rapidité, la facilité que confère internet qui invite les enseignants à y recourir. Leur ouvrant les portes d’une « immense bibliothèque de ressources » quels que soient le lieu et l’heure, l’outil répond à un besoin, particulièrement exprimé dans le domaine de la préparation des cours. Toutefois, les enseignants restent aussi réservés, se disant conscients que les informations ainsi obtenues doivent être vérifiées, que leur fiabilité est constamment à interroger. Si la communication via internet semble se développer dans le milieu professionnel, elle reste faible, voire absente, avec les parents. L’absence d’email officiel pourrait expliquer le phénomène, mais elle ne serait pas suffisante. Cette résistance est bien plus le fruit de la conception du métier, de l’importance accordée au lien social avec les parents, d’une proximité avec les familles consubstantielle de l’enseignement fondamental. L’enquête montre donc que les usages professionnels d’internet existent, mais qu’ils restent le plus souvent circonscrits dans les pans cachés du travail des enseignants.

Les enseignants sur internet

Alors que le web est souvent comparé à une autoroute de l’information, force est de constater que les déplacements des enseignants du primaire restent relativement réduits. En quête de ressources pour leurs cours, les enseignants surfent volontiers vers des sites d’enseignants mettant à disposition des « fiches prêtes à l’emploi », des exercices ou encore de « jolies illustrations ». S’ils consultent des sites institutionnels, c’est davantage pour se renseigner sur les textes officiels ou encore sur leurs droits et devoirs. Les enseignants balisent donc leur chemin de façon méthodique. Si certains déclarent parfois « s’y égarer » et « perdre du temps » en effectuant leurs recherches ; majoritairement, ils concentrent leur navigation autour de certains sites. Ce choix, parfois volontaire et conditionné aux éléments recherchés, est aussi fortement influencé par les connexions et les liens qu’entretiennent certains sites entre eux.

L’analyse met en exergue les profondes différences qui séparent les sites institutionnels des autres sites analysés. Bien qu’il existe pléthore de sites officiels sur de nombreux sujets en lien avec l’enseignement, ils sont rarement cités voire inconnus des instituteurs. En outre, ils arborent principalement une fonction de « bibliothèque officielle », proposant à la lecture et au téléchargement des documents légaux, des circulaires, des références dans les objets d’enseignement. La consultation de ces sites s’impose donc à l’enseignant qui recherche une information officielle, dont le contenu est reconnu institutionnellement. Toutefois, ils ne proposent aucune activité « prête à l’emploi » à l’inverse des autres sites prônés par les enseignants.

Les sites institutionnels excluent toute interactivité. Leur usage par les enseignants du primaire relève d’avantage de l’obligation que du choix. À l’inverse, les sites informels, appellation sous laquelle ont été englobés tous les sites qui n’émanent pas d’une autorité reconnue ou d’une institution, présentent un succès indéniable. Appréciés des enseignants, certains défient le temps alors même que leur actualisation s’est arrêtée depuis plusieurs années. Leur succès ne semble pourtant pas dû au hasard tant certaines similitudes apparaissent en filigrane, la présence de fiches « prêtes à l’emploi » en étant la plus importante.

Les réseaux socionumériques tels que Facebook illustrent la même dichotomie. Les instances éducatives pratiquent une communication descendante alors que les enseignants attendent de l’interaction et du partage. Les usages d’internet prennent alors des chemins détournés, laissés ouverts par la confusion qui y règne. Un système marchand se met parfois en place où, tel le troc, l’accès à certaines ressources est conditionné au fait de fournir soi-même une leçon ou une activité. Quelques enseignants se mettent à commercialiser leurs productions et oscillent alors entre les fonctions pédagogiques et commerciales.

L’omniprésence de certains acteurs et la prépondérance de certains sites confèrent à quelques individus ou association un quasi-statut de lobbyiste de l’enseignement. En outre, ces sites contribuent et adhèrent à un principe fort chez les enseignants du primaire, ce que nous avons désigné sous l’appellation « cosmetish pédagogie ». En effet, on relève une importance capitale aux aspects esthétiques de leurs productions. Cette dimension cosmétique ne serait pas un problème en soi si elle ne finissait pas par détrôner les aspects pédagogiques ou didactiques, voire le sens critique. Ainsi, une ressource est très souvent jugée sur son aspect bien plus que sur son contenu. La présence de « jolies images » semble bien plus déterminante que les erreurs méthodologiques, orthographiques ou de contenu que comporte le document. Paradoxalement, cette recherche esthétique est aussi le principal moteur de motivation des enseignants pour utiliser internet.

Que ce soit dans les forums ou sur les réseaux socionumériques, la communication tient également une place de choix. Bien que ces espaces soient publiquement ouverts, c’est « l’entre soi » qui est recherché. Les parents y sont frileusement accueillis, les futurs enseignants y sont tolérés pour autant qu’ils ne s’y intègrent pas pour venir y chercher des ressources pour leur stage. Les enseignants y démontrent une certaine maîtrise de leur identité numérique. On n’y cite pas nommément de collègues ou d’école, on y parle un langage « pédagogiquement correct », occultant certains aspects difficiles du métier comme l’autorité et la discipline par exemple. Selon les espaces, les enseignants changent de posture : dans un espace public, ils n’hésiteront pas évoquer leur « malaise » alors que dans des espaces plus clos, ils parleront davantage en termes élogieux de leur métier. Ainsi, dans les échanges sur internet, il n’existe pas d’élèves difficiles ou insupportables, mais des enfants « peu motivés ». Ces espaces sont aussi des lieux où les enseignants peuvent se mettre en scène, mettre en avant certains pans habituellement occultés de leur travail, en surjouant, si nécessaire. Entre langue de bois et censure, entre espaces ouverts et repli sur soi, l’internet oscille alors entre une immense « salle des profs » et une communauté de pratiques. Les deux aspects ne sont d’ailleurs pas incompatibles et présentent de nombreux points de convergences. Toutefois, l’absence de régulation sur ces espaces, la confusion régnant dans les missions, les rôles et les objectifs de ces sites crée une situation hybride, dont on peut s’interroger quant à son avenir et son développement.

Conclusion

Cette recherche permet d’avancer que les usages d’internet par les enseignants, et peut-être encore plus particulièrement par ceux du primaire, sont à l’image d’un iceberg. La face visible est relativement faible par rapport à celle occultée ; le travail réel mené sur ou avec internet est bien présent mais il ne s’accorde ni avec les indicateurs existants, ni avec les injonctions relatives à l’introduction du numérique dans le cadre scolaire. Il est ainsi possible d’affirmer que les enseignants utilisent internet, de façon régulière et ciblée, mais dans un faisceau de tâches relativement peu visibles de l’extérieur.

Cette étude amène aussi à interroger les politiques publiques relatives au numérique à l’école. Si l’équipement était un préalable nécessaire, peut-être est-il temps de penser les usages, tant au sein de l’école que dans le travail enseignant au sens large. L’institution éducative ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les compétences numériques de ses enseignants, de la place que peut occuper internet et le numérique dans le curriculum des élèves mais aussi dans celui des professeurs. Une piste à investiguer serait celle de l’évolution de certaines fonctions de conseillers pédagogiques, d’une coordination dans les dispositifs existants.

Cette recherche a mis en exergue le fait qu’internet recèle de nombreuses et riches ressources pour l’enseignement. Des débats de fond germent çà et là dans les réseaux socionumériques, des banques de ressources se composent et s’enrichissent chaque jour. Toutefois, pour en faire ressurgir tout le potentiel, l’institution devrait pouvoir réguler, piloter et déléguer.

Enfin, et peut-être est-ce là aussi un point névralgique de la problématique, il faut pouvoir accepter de laisser le temps aux pratiques de s’installer, aux usages d’être intégrés dans le quotidien. Accompagner les pratiques, développer les usages d’internet dans une perspective de professionnalisation du métier semble bien plus porteur de sens et de raison qu’une injonction, polysémique, flou et généralisée. Car, en effet, les enseignants du primaire utilisent internet dans leur travail, sous une forme occultée, certes, mais bien présente et réelle dans leur quotidien. Les acteurs de l’École évoluent, s’adaptent aux changements et s’emparent, peu ou prou, des avancées technologiques ou scientifiques. Internet est entré dans les usages professionnels, il continuera très certainement sa progression mais ne remplacera certainement pas certaines tâches, ne révolutionnera pas le métier d’instituteur. Cette thèse tend à croire que, forte de sa longévité, la forme scolaire se fléchira, comme elle l’a déjà fait à maintes reprises, et s’adaptera aux évolutions sociétales et technologiques.

Références de la thèse :

Duquesnoy Maxime, « Les usages professionnels de l’internet chez les enseignants du primaire : une recherche en Communauté française de Belgique », Thèse de doctorat en Sciences de l’Education, sous la direction d’Anne Barrère, Paris, Université Paris Descartes, 2014

En ligne : http://www.theses.fr/2014PA05H012

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9 avril 2017
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