A propos de l’étude Extate

Expérience tablettes tactiles à l’école primaire (EXTATE)

samedi 19 juillet 2014 par François Villemonteix

Pour citer cet article :

Villemonteix, François (2014). A propos de l’étude Extate - Expérience tablettes tactiles à l’école primaire. Adjectif.net [En ligne], mis en ligne le 19 juillet 2014. URL : http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article299

Résumé :

Une étude a été menée en 2013-2014 par le laboratoire « École, Mutations et Apprentissages » (EMA) de l’université de Cergy-Pontoise, portant sur l’utilisation des tablettes tactiles à l’école primaire.

Il s’agissait de documenter leurs conditions d’implantation, de repérer les éventuels changements dans les pratiques et de caractériser la manière dont elles viennent enrichir ou limiter l’activité d’apprentissage des élèves dans les situations observées. Deux enquêtes de terrain ont été menées à 6 mois d’intervalle en 2013-2014 auprès d’enseignants volontaires, leurs élèves et les personnels de supervision (entretiens, questionnaires, observations filmées)

Mots clés :

École primaire, France, Tablette

L’étude montre que l’école primaire, par sa structuration et son fonctionnement, se prête bien à la mise en œuvre en classe de ce type d’instrument, en particulier au cours d’activités de production. Elle met à jour des cas d’usages à valeur ajoutée pour les élèves, s’accompagnant d’une réflexion approfondie de la part des enseignants. Ces réflexions portent autant sur des considérations didactiques et pédagogiques que sur d’autres, plus techniques ou relevant de l’ergonomie des interfaces mobilisées.

Les tablettes sont utilisées dans des systèmes d’instruments plus larges, intégrant le TNI, les ENT et d’autres espaces de stockage en ligne. L’étude montre que les utilisations complexifient l’ingénierie pédagogique et qu’elles dépendent de la capacité des enseignants à gérer les flottes d’appareils et leurs environnements.

Les tablettes s’intègrent cependant facilement dans des pratiques routinières. Elles permettent d’ajouter des étapes supplémentaires aux séances en classe (accès à une aide, consultation, communication d’un document, acquisition d’une photo, d’un son). Les enseignants attribuent à ces instruments des fonctions de production, de communication, d’entraînement et de consultation d’aide et de supervision de l’activité des élèves et les pratiques traditionnelles, plutôt expositives, s’en accommodent tout autant que des pratiques en petits groupes où une forte autonomisation des élèves est de mise. La gestion de classe en mode projet (travail de groupe, division du travail, objectifs) donne lieu à des interactions riches, les tablettes sont partagées, échangées et permettent la circulation de documents d’élèves.

Certaines interrogations concernant l’évaluation des pratiques des élèves apparaissent cependant chez les enseignants interrogés : comment évaluer un document qui ne donne pas trace de son processus de construction ? Ou encore : que dire de la collaboration entre élèves ? Et des compétences instrumentales, parfois complexes, qui se construisent ? Quelques enseignants évoquent parfois le retour vers une instrumentation plus classique (papier crayon ou ordinateur) pour aborder les choses plus « en profondeur » ou produire des documents longs.

L’étude s’arrête sur le cas des pratiques de supervision de l’activité des élèves à travers des applications adaptées : elles permettent des allers et retours de documents de la tablette de l’enseignant vers les tablettes élèves (quizz, ressources documentaires, eBooks), le contrôle en continu de la tâche. Cette possibilité contribue au réajustement des attentes de l’enseignant et à un processus de différenciation parfois opérant. Cependant ces pratiques réclament une aisance instrumentale de l’enseignant très nette ainsi qu’une vision claire de la perspective didactique poursuivie.

Concernant l’activité des élèves, la production d’écrits enrichis par du recours au multimédia est la plus fréquemment observée. Des instruments permettant la régulation de l’acte d’écriture dans le flux (correcteur orthographique, prédictivité) dotent les applications fréquemment utilisées. Les fonctions méta-textuelles de ces outils constituent des ressources prometteuses pour l’écriture, bien repérées par les enseignants, mais encore assez peu exploitées. De plus, selon les enseignants, les élèves les plus jeunes éprouvent des difficultés dans l’exploitation de ces fonctions qui parfois ajoutent des erreurs plutôt qu’elles ne les résolvent.

Les inspecteurs chargés de mission TICE (IEN TICE) qui ont accompagné l’opération du ministère voient dans la tablette l’outil ultime, complet, attractif, souple d’emploi. Conscients que des contraintes techniques et instrumentales se posent, ils spéculent cependant sur le rôle de la tablette pour répondre à des enjeux de personnalisation et d’individualisation des apprentissages. L’étude montre bien des cas d’usage individuels mais paradoxalement, les situations de travail collaboratif dominent dans les observations. Les IEN TICE considèrent les changements dans les pratiques enseignantes comme nécessaires. Selon eux, la pédagogie avec les instruments informatisés devient « épuisante » si les questions de gestion de la classe et de préparation de l’environnement de l’activité ne sont pas traitées en amont.

Le rapport se termine sur 6 points de recommandation. Ils concernent :

  • l’accompagnement des enseignants ;
  • les infrastructures ;
  • la diffusion d’une expertise sur ces artefacts auprès des personnels de supervision ;
  • le développement de compétences instrumentales et didactiques des enseignants ;
  • l’évolution des ressources pour permettre aux enseignants de mieux les adapter à leur contexte d’usage ;
  • la nécessité de penser et construire un curriculum permettant le développement d’une culture numérique solide chez les élèves.

Les résultats de cette étude ont donné lieu à plusieurs présentations lors de colloques (symposium tablettes au « colloque international francophone sur les technologies » à Montréal en mai 2014, symposium JOCAIR à Paris en juin 2014) et à la soumission de plusieurs articles de revues à comité de lecture.

L’un des chantiers du laboratoire EMA concerne les technologies informatisées en éducation et en particulier l’apprentissage mobile avec les supports tactiles et nomades. Une première journée « artefacts tactiles et mobiles en éducation » (ATAMÉ [1]), s’est déroulée en 2012 a donné lieur à un numéro spécial de la revue STICEF [2]. La deuxième journée (ATAMÉ 2) sur ce thème est prévue pour l’automne 2015 à l’université de Cergy-Pontoise.

Une page spéciale est accessible sur Eduscol, consacrée à l’étude Extate : http://eduscol.education.fr/cid81384/extate-experience-tablettes-tactiles-a-l-ecole-primaire.html#lien1

Le rapport est accessible sur le site Eduscol : http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Primaire/40/6/Extate_rapport_tablettes_primaire_340406.pdf

Pour citer cette contribution :

Villemonteix, François« A propos de l’étude Extate - Expérience tablettes tactiles à l’école primaire  », Adjectif [En ligne], mis en ligne le 19 juillet 2014. URL : http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article299

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