Analyse de formations aux TICE pour les professeurs de français du système éducatif italien

lundi 1er avril 2013 par Jérôme Rambert

Pour citer cet article :

Rambert, Jérôme (2013). Analyse de formations aux TICE pour les professeurs de français du système éducatif italien. Adjectif.net Mis en ligne lundi 1er avril 2013 [En ligne] http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article225

Résumé :

Cet article propose un compte-rendu d’expérience et une analyse de formations pour l’utilisation des TICE par des professeurs de français de Lombardie en Italie.

Mots clés :

Conditions nécessaires pour l’intégration des TICE, Formation des enseignants, Italie

Jérôme Rambert

Professeur et coordinateur pédagogique, formateur en TICE

Institut français de Milan

1. Contexte

Les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) représentent souvent un défi majeur pour des enseignants expérimentés n’ayant pas eu l’occasion de s’y former lors de leur formation initiale. Conscients des évolutions en cours, de l’activité souvent frénétique des élèves sur ces supports, de la place prépondérante qu’occupent les TIC au sein de notre société, les enseignants de collège et de lycée souhaiteraient de plus en plus intégrer au mieux cette dimension dans leur propre enseignement. Mais beaucoup reste à faire, car force est de constater que “d’une manière générale, les usages des TICE ne sont pas encore ancrés dans la culture et les pratiques professionnelles” (Béziat 2012).

Concernant notre cas d’étude, la Lombardie en Italie, il n’existe pas à proprement parler de formation continue spécifique aux TICE pour les enseignants de langue. Malgré cela ils se disent dans leur grande majorité “fascinés” par les “nouvelles technologies” (Galimberti 2012) [1]. Voilà pourquoi l’Institut français de Milan, dans le cadre de sa mission de coopération linguistique, a analysé les besoins en TICE puis mis en place, à partir de septembre 2009, une série de formations TICE sur tout le territoire lombard afin de répondre aux attentes et d’accompagner les professeurs dans l’évolution de leurs usages. Cinq formations de 12 heures ont été proposées : à Milan (2009), Varèse (2010), Bergame/Pavie (2011) et Brescia (2012).

Cet article propose un compte-rendu d’expérience et une analyse de formations de professeurs de français à partir d’une problématique générale portant sur les questions suivantes : comment soutenir les professeurs de français souhaitant découvrir ou approfondir leur pratique des TICE dans le cadre d’une formation continue de deux journées ? Quel dispositif adopter ? Avec et sur quels outils numériques former les participants ? Comment insérer ces outils dans une perspective actionnelle ? Comment à la fois répondre aux exigences technique et didactique des enseignants ?

2. Public, méthodes et contenus

2.1. Caractéristiques du public

Les formations sont ouvertes à vingt participants maximum, elles coûtent 50 euros et peuvent être reconnues comme crédits de formation par le rectorat de la Lombardie. De 2009 à 2012, les cinq formations ont permis de travailler avec environ 75 collègues. Le premier constat qui s’impose est l’hétérogénéité de la provenance des participants : des enseignants du collège ou de lycées technique, scientifique, linguistique ou classique, avec différentes formations initiales en didactique des langues. Comme facteur d’homogénéité, précisons que 90 % environ des groupes sont des enseignantes et que la plupart ont de nombreuses années d’expérience (de 10 à 30 ans). Le principal point commun de ces groupes est bien entendu l’enseignement du français et il convient de préciser que la formation se déroule précisément en français, ce qui permet aussi de se (re)familiariser avec le lexique de l’informatique et des TICE.

Les différences de niveaux informatiques constatées au sein des groupes sont très importantes. En effet, il s’agit pour certains de découvrir le clic droit, de repérer une image sur Internet et de la sauvegarder, d’insérer un lien ou une vidéo, de repérer des ressources numériques, d’ouvrir plusieurs onglets dans le navigateur ou tout simplement de naviguer sur Internet. Pour les plus avancés, le travail peut porter sur des activités de didactisation de documents authentiques audio et vidéo tirés d’Internet, la mise en place d’un travail collaboratif avec les élèves, la mutualisation d’un blog, ou encore sur la préparation de la compréhension de l’oral du Delf scolaire [2]. Dès lors, comment proposer une initiation à la didactique des TICE à 15 ou 20 participants en deux journées ? Comment affronter cette situation de pédagogie différenciée au niveau technique et didactique ?

2.2. Éléments de méthodologie

Un aspect fondamental était de mettre les enseignants en activité afin de favoriser une réutilisation des manipulations travaillées en formation. Il était donc nécessaire de disposer d’une salle informatique connectée à Internet, équipée d’un ordinateur par participant et d’un vidéo-projecteur ou d’un Tableau Blanc Interactif pour le formateur. Dès la première formation, nous avons retenu la méthodologie suivante : une réflexion commune à partir d’exemples, puis une présentation d’un objectif technique pour parvenir à une transposition directe sur l’ordinateur. Cette approche pratique rend immédiatement actif les participants. Pendant l’application des consignes, le formateur se déplace et va à la rencontre de ceux qui posent des questions ou se sentent en difficulté, ce qui assure un soutien individuel. Enfin, à chaque point clé, nous proposons un retour technique et une réflexion collective d’ordre didactique : est-ce abordable techniquement ? Comment appliqueriez-vous cet outil dans votre contexte d’enseignement ? En quoi cet outil vous permet-il d’améliorer votre préparation ou votre cours ? En quoi cet outil permet-il de prolonger l’enseignement après la classe ? Les échanges sont fructueux car ils se fondent sur une réaction immédiate centrée sur un outil numérique ainsi que sur l’expérience de collègues expérimentés.

À nos yeux, pour apprendre et mener sa propre réflexion didactique, il faut pratiquer les TICE afin de se les approprier, les participants étant alors directement acteurs de leur apprentissage : il s’agit de “faire pour apprendre”. Un enseignement frontal théorique et à sens unique, nécessaire dans le cadre d’une formation initiale, aurait probablement reçu un accueil mitigé de la part des participants. De plus, une telle formation est perçue également comme un échange “d’enseignant à enseignants” ce qui favorise le dialogue et la réception du message.

Précisons également que, depuis trois ans, les contenus des deux journées de formation ont évolué en fonction de la réflexion menée par le formateur : en matière de TICE, tout évolue rapidement et il est nécessaire d’effectuer une veille technologique attentive afin de suivre les dernières évolutions en la matière [3]. En 2009, nous avons travaillé sur les ressources numériques, le blog et les podcasts, outils que nous maîtrisions le mieux, avant d’intégrer de nouveaux éléments dès 2010 comme, par exemple, les outils Google et leur potentiel (Rambert 2012), puis le logiciel en ligne Prezi en 2011. Bien entendu, les logiciels présentés sont gratuits et accessibles immédiatement en ligne grâce à une simple inscription.

L’objectif à l’issue des deux journées de formation, est que chaque enseignant ait abordé les points suivants afin d’être en mesure de :

Avant la classe, préparer :Pendant la classe, animer :Après la classe, aller plus loin :
Repérer les ressources numériques pour enseigner le français

Mener une réflexion didactique sur les TICE

Appréhender les futures nouveautés du Web 2.0
Utiliser des documents audio, vidéo, écrit, iconographique authentiques

Rendre un cours plus visuel grâce à des vidéos et des images à l’aide d’une PAO

Mettre en place un travail collaboratif synchrone ou asynchrone avec les élèves
Gérer son propre blog, véritable “laboratoire personnel”, sur lequel réviser les principales manipulations du Web 2.0 [4]

Mettre en place un travail collaboratif synchrone ou asynchrone avec des collègues.

Tableau 1 : objectifs généraux des deux journées de formation

2.3. Description des types d’outils abordés en formation

- Ressources numériques (http://goo.gl/PvKOQ) : ce document sert de guide pour naviguer sur Internet et repérer des sites spécialisés, comprenant l’utilisation d’un moteur de recherche pédagogique. Les objectifs didactiques liés renvoient aux besoins de disposer de ressources récentes et fréquemment actualisées, les ressources signalées comportant des grilles d’utilisation didactique pour les professeurs. Ce type de document simplifie une première approche des TICE en permettant à l’enseignant de franchir les premiers pas. La recherche de ressources actualisées peut entraîner un risque de surcharge d’informations.

- Blog (http://www.over-blog.com/) : à partir de la plate-forme citée à titre d’exemple, il est possible de créer des blogs, de rédiger des billets et d’y insérer des images ou des vidéos. On peut aussi travailler la gestion de la visibilité des contenus, des commentaires, observer les statistiques, activer des widgets, modifier le thème, etc. Les objectifs didactiques liés diffèrent en fonction des publics visés par le blog :

  • Blog pédagogique > s’adresse prioritairement aux élèves en prolongement de la classe
  • Blog didactique > s’adresse aux collègues
  • Blog de classe > accompagne une classe pendant une ou plusieurs années
  • Blog de projet > lors d’un échange scolaire ou de la réalisation d’un projet européen par exemple

Le blog permet d’aborder les principales caractéristiques techniques du Web 2.0 (inscription sur une plate-forme, paramètres d’accessibilité, de partage) et chaque participant dispose de son propre espace en ligne. Notre expérience montre que cet outil peut poser des difficultés aux grands débutants.

- Outils Google Drive (http://www.google.fr/) : créer un compte Google donne accès à plusieurs services (créer seul ou en équipe des documents en ligne - texte, présentation, formulaire - ; partager des documents entre les participants ; y insérer du texte, des images, des vidéos ; insérer ces documents dans son propre blog). Les objectifs didactiques liés sont la mutualisation de préparations de cours ou des didactisations entre collègues à distance, l’organisation de travaux de mutualisation avec les élèves, la formation à la Présentation assistée par Ordinateur (PAO), envisager une évaluation en ligne (formulaire). Cet ensemble d’outil permet d’initier les enseignants au cloud computing, à la mutualisation synchrone et asynchrone, à la PAO et à la création d’un formulaire en ligne. Des difficultés sont à signaler lorsqu’on cherche à créer plusieurs comptes Google en même temps à partir de la même adresse IP (on peut demander aux enseignants de le faire faire chez eux avant la formation). Le formulaire est également assez difficile à prendre en main.

- ITunes (http://www.apple.com/fr/itunes/download/) : télécharger et installer ITunes sur son ordinateur peut servir à repérer les médias français qui proposent des podcasts, on peut également travailler l’utilisation du moteur de recherche de podcasts dans ITunes Store (gratuit). Cet outil répond aux besoins en ressources audio et vidéo authentiques à préparer pour les élèves ou pour l’intérêt de l’enseignant. Cela permet de se familiariser avec le podcasting et les flux RSS ; il est aussi possible de travailler hors connexion et d’archiver les fichiers MP3 et MP4. La navigation dans ITunes et les nombreuses manipulations peuvent être source de difficultés.

- Prezi (http://prezi.com/) : créer un compte Prezi permet de travailler des documents multimédias de manière originale. La PAO diffère des possibilités des logiciels de présentation classique ce qui peut dynamiser des cours mobilisant vidéoprojecteur ou TBI. Cette application en ligne présente l’avantage d’être simple d’utilisation. Cela permet d’appréhender un logiciel libre en ligne, d’éviter la publicité lors de la diffusion des vidéos, de visualiser la PAO hors connexion ainsi que des travaux collaboratifs.

3. Se former aux TICE : éléments de réflexion

Face aux doutes et aux interrogations suscitées par les TICE, il apparaît nécessaire de rassurer sans cesse les participants. Au fil des formations, nous avons identifié 4 profils d’usagers des TICE que nous pouvons mettre en lien avec ceux identifiés par Wallet (2001, p53), Daguet (2009, p117-118), Rinaudo et Ohana (2009). Ces profils, fondés sur des observations empiriques, peuvent donner lieu à des encouragements différenciés que nous détaillons dans la suite :

  1. Profil chronophage, “s’intéresser aux TICE et les mettre en pratique requiert trop de temps” : il est possible d’investir régulièrement un peu de temps et cela peut permettre d’en gagner beaucoup par la suite ; la mutualisation entre collègues est source d’intérêt.
  2. Profil technophobe, “c’est trop difficile techniquement, j’ai peur de l’informatique” : pratiquer quelques minutes quotidiennement, se former et mutualiser entre collègues, ne pas hésiter à se faire aider pas ses proches (voire par ses élèves) permet d’apprendre progressivement. Il peut être bon de s’aventurer à « cliquer », de ne pas hésiter à se perdre, à tout chambouler, quitte à recommencer.
  3. Profil pédago-sceptique, “quel est l’intérêt pédagogique réel pour mes cours et donc pour mes élèves ?” : l’utilisation des TIC peut rendre les cours plus dynamiques et permettre de dépasser le simple cadre de la salle de classe pour que la langue puisse accompagner les élèves après le cours (avec le blog par exemple : pour l’élève, c’est lire ou écouter 5 minutes de français en plus que d’habitude). On dispose gratuitement de documents audio, vidéo et écrit réellement authentiques et actualisés.
  4. Profil didactico-sceptique, “quel est l’intérêt pour moi, enseignant(e) ?” : l’utilisation des TIC peut être source de satisfaction professionnelle ou d’évolution de la réflexion didactique pour s’adapter à de nouvelles formes d’apprentissage. Elle favorise la reconnaissance des élèves, de l’établissement, des parents d’élèves (“enseignant dynamique et à la page”), permet de s’adapter aux caractéristiques actuelles des élèves. L’utilisation d’un blog peut renvoyer à une attitude de défense de la langue française puisqu’il s’agit d’une présence dans l’espace d’Internet.

4. Éléments de discussion et de perspectives

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte afin de s’interroger sur l’efficacité de ces formations en TICE pour les participants. En premier lieu, le niveau informatique initial. Souvent, et nous l’écrivons sans porter de jugements, nous observons que les enseignants présents à nos formations se situent entre un niveau passable et très faible en informatique. En tant que formateur, nous pensons proposer des outils numériques simples et d’accès immédiat en ligne. Cependant nous constatons plusieurs difficultés concernant : la navigation sur le Web ; l’ouverture d’une nouvelle fenêtre, d’un nouvel onglet ; le travail sur plusieurs supports (blog, navigateur, bureau) en même temps ; la recherche simple sur un moteur de recherche comme Google.fr ; la recherche de ressources en français ; l’identification d’une image libre de droits et sa sauvegarde sur l’ordinateur ; l’intégration d’un lien dans un billet ; la recherche et l’intégration d’une vidéo dans un billet ; l’intérêt du clic droit de la souris ; s’inscrire sur un site gratuit (comme Prezi.com, par exemple) ; partager des documents dans Google Drive, etc.

Il apparaît donc que les outils numériques ne sont finalement pas si simples, comme on peut le comprendre à partir de la théorie instrumentale (Rabardel, 1995), (Bruillard, 1997).

À partir de ces constats, se dégagent plusieurs questions de recherche : comment envisager une réflexion didactique sur ces nouvelles modalités d’apprentissage, si celle-ci est immédiatement entravée par un manque de maîtrise technique ? La question de l’utilisation d’outils numériques doit être approfondie en premier lieu, mais dès lors est-il possible de dépasser ces blocages afin que la réflexion didactique puisse se libérer ? Dans quelles conditions ? L’étape technique n’est certes pas à négliger car il est fondamental de rassurer sur ce plan, nous avons souvent rencontré des enseignants « anxieux » face aux nouvelles technologies et complexés face aux élèves (Carugati et Tomasetto, 2002), ce qui à notre avis bloque l’intégration du numérique dans la pédagogie de l’enseignant.

Nous l’avons constaté, l’approche pratique appliquée sur différents outils numériques a permis à beaucoup de collègues de se rassurer et de se rendre compte que le Web 2.0 fournit des outils accessibles aisément transposables dans leur quotidien professionnel. Du point de vue didactique, est-ce que la grande majorité des enseignants « voient » l’intérêt de ces outils ? Comment mesurer l’intérêt des enseignants pour les TICE ? Précisons que les enseignants de français en Lombardie que nous avons formés sont bien préparés au Cadre Européen Commun de Référence pour les langues, ils maîtrisent l’approche par compétences [5] et les enjeux de la perspective actionnelle, notamment au niveau de la pédagogie de projet et de l’attention portée aux documents authentiques (Beauné, 2010). Une formation aux TICE, permet pour la plupart d’entre eux de mieux appréhender la préparation au Delf scolaire (A2, B1 ou B2) grâce à une meilleure connaissance des ressources audio et vidéo et des exemples de sujets proposés en ligne. Les enseignants formés ne sont pas dépourvus didactiquement, ils disposent d’une longue expérience, mais il est difficile de se rendre compte de quelle manière les TICE seront appropriées : vers une modification des pratiques d’enseignement ou vers une simple intégration de ces outils à la pédagogie déjà en place ? Est-ce que les enseignants vont dans un premier temps utiliser ces outils pour conforter leur propre pédagogie ? Et dans un second temps, et pour les plus avancés, est-ce que cette formation aux TICE peut effectivement conduire à une véritable modification des pratiques d’enseignement ?

Il faut aussi prendre en compte le niveau d’équipement des établissements : sans connexion Internet, sans vidéo-projecteur ou Tableau Blanc Interactif, sans laboratoire de langues, il est très difficile de vouloir utiliser les TICE dans son contexte d’enseignement. Mais les établissements ne sont pas démunis en Lombardie et nous avons constaté que beaucoup de progrès ont été accomplis ces dernières années.

Il serait également souhaitable d’accompagner le niveau de motivation et d’intentionnalité des enseignants en matière de TICE. S’inscrire à l’une de ces formations montre un réel niveau de motivation. Celle-ci doit être cependant soutenue par une reconnaissance institutionnelle de la formation continue en TICE. Nous rejoignons les conclusions de Galimberti (2012) : toute absence de reconnaissance professionnelle et de progression de carrière freinent toute volonté de formation continue. Dès lors, comment espérer une intégration massive des TICE en Lombardie ou ailleurs ? Certes, “il n’y a de limites que le bon vouloir de l’enseignant” (Morin, 2012), mais il est difficile de se renouveler seul et sans soutien.

5. Conclusion

Cette expérience en TICE menée en Lombardie auprès des enseignants de français, aux allures de formation accélérée, est une première étape de formation proposée par l’Institut français de Milan pour répondre aux besoins identifiés en 2008.

Nous souhaitons souligner le niveau de motivation des enseignants, redevenus apprenants pendant deux jours, sur un terrain souvent mal maîtrisé, voire terra incognita. Nous leur avons demandé de se remettre en cause, d’accepter le déséquilibre pour (ré)interroger les usages pédagogiques établis. Nous espérons que ces formations vont conduire les enseignants vers plus d’autonomie, désormais initiés à la didactique des TICE. Afin d’illustrer la partie émergée de notre travail et le chemin parcouru, nous présentons trois blogs parmi les plus réussis : http://profili.over-blog.com/ ;http://memoiresdeprof.over-blog.com/http://memoiresdeprof.over-blog.com/ ;http://profmichelle.over-blog.com/http://profmichelle.over-blog.com/. Ils montrent bien l’adaptation de chaque enseignant à son propre contexte d’enseignement, au collège et au lycée, et nous gageons que de nombreuses expériences sont en cours.

Nous regrettons cependant de ne pas avoir été en mesure, faute de moyens, de mettre en place une évaluation du dispositif. Nous aurions souhaité connaître et évaluer le véritable impact de ces formations sur la salle de classe pour se rendre compte si cette étape suffit “à faire levier pour une pratique assurée et assumée en classe” (Béziat 2012). Nous restons cependant optimistes, car cette interaction entre l’expérience des participants, plus de maîtrise technique et une réflexion didactique affinée devrait, nous l’espérons, conduire à une évolution progressive des pratiques.

Cet effort en matière de formation d’enseignants doit maintenant être accompagné et pour cela deux étapes sont prévues à l’horizon 2013 : la création d’une plate-forme de mutualisation (Charlier 2011) pour les professeurs de français de Lombardie à partir d’un site et des outils Google (Rambert 2012b) et l’organisation du premier colloque TICE en langue française qui se déroulera à Milan au printemps 2013 [6].

Autant de signaux positifs, capables de structurer la communauté des enseignants de français en Lombardie et ultérieurement en Italie (voir le dossier de la revue frantice.net (3), juillet 2011). À partir de cette dynamique en TICE, organisée autour du triptyque formations-colloque-communauté enseignante, il serait alors souhaitable d’envisager une vaste enquête qualitative et quantitative pour mesurer l’impact des TICE sur l’apprentissage du français en Lombardie.

6. Références

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BEZIAT, J. (2012). Former aux TICE : entre compétences techniques et modèles pédagogiques. Dans Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, 9(1-2). Récupéré du site de la revue : http://www.ritpu.org/IMG/pdf/RITPU_v09_n01-02_54.pdf, consulté le 10 février 2013

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[1A partir d’un sondage réalisé sur la base d’un échantillon de 52 enseignants de langue (anglais, français, espagnol, chinois et allemand), 69 % affirment être “fascinés” par les “nouvelles technologies”.

[2Delf (Diplôme d’Etudes en Langue Française), le certificat international de langue française. Pour en savoir plus > http://www.ciep.fr/

[3Nous utilisons pour cela Twitter : @JeromeRambert

[4Libre à chacun d’approfondir et de pérenniser le blog en le publiant et le diffusant auprès de ses élèves, de ses collègues et/ou de son établissement.


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