À propos de Mooc, quelques exemples

vendredi 26 octobre 2012 par Georges-Louis Baron

Pour citer cet article :

Baron, Georges-Louis (2012). À propos de Mooc, quelques exemples. Adjectif.net Mis en ligne vendredi 26 octobre 2012 [En ligne] http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article188

Résumé :

L’apprentissage en réseau est actuellement au premier plan, avec son cortège de cours ouverts dits massivement en ligne (MOOC [1]). Cette contribution propose une réflexion fondée sur l’analyse d’un certain nombre de sites.

Mots clés :

Enseignement supérieur, International, Internet

Cette nouvelle forme d’enseignement (sans doute faudrait-il utiliser le pluriel), sous-tendue par la théorie dite connectiviste (Siemens, 2008), (Downes, 2010), est intéressante à analyser dans la mesure où elle se situe dans une sorte de double rupture avec à la fois les formes traditionnelles de transmission d’information et les modalités informelles d’apprentissage (Henri, 2011).

L’observation des sites en ligne révèle certains des choix faits par des opérateurs et confirme un mouvement d’émergence régulière de systèmes de ce type. Voici quelques exemples, sans souci d’exhaustivité.

Exemples d’offres de formation en réseau

MIT openCourseware

À ma connaissance, la forme de cours massivement ouvert a historiquement été inaugurée par le MIT aux États-Unis au début de la décennie 2000. D’une manière assez visionnaire, il s’agissait alors de mettre en ligne gratuitement des cours sous une licence Creative Commons, et sous différentes formes : notes de cours, examens, vidéos pour certains… (Abelson, 2005).

En octobre 2012, d’après le site du MIT, il y a 2100 cours, certains étant même spécialement pourvus en ressources pour les apprenants ayant peu accès à des ressources complémentaires (OCW Scholar) [2]. Ce système ne délivre pas de diplômes ou de certificats.

En outre, un consortium rassemblant plus de 250 organisations d’enseignement un peu partout dans le monde a été créé en 2008 sous la forme d’une fondation sans but lucratif ayant des objectifs similaires : « faire avancer l’apprentissage formel et informel par le partage et l’usage, au niveau mondial, de supports pédagogiques ouverts et de haute qualité organisés en cours ». Ce consortium revendique 13 000 cours en 20 langues (http://www.ocwconsortium.org). On y relevait au 24 octobre 2012, 4 cours en français.

EdX

Ce système a été fondé en 2012 par Harvard et le MIT, auxquels s’est jointe l’Université de Berkeley. Un consortium d’universités publiques du Texas (The University of Texas system), devrait rejoindre les autres en 2013 (https://www.edx.org). La vision, telle que l’exprime le site web, est la suivante :


« les institutions edX visent à étendre leur capacité collective à construire une communauté globale d’étudiants en ligne. En plus de leur offre, les trois universités entreprennent des recherches sur la manière dont les étudiants apprennent et sur la manière dont les technologies peuvent transformer l’apprentissage, à la fois sur les campus et en ligne au niveau mondial » [3]


Contrairement au cas précédent, des certificats sont accordés ; pour l’instant, ils sont gratuits. Le site signale l’inscription de 150 000 étudiants pour le premier cours ouvert.

Khan Academy

Il s’agit aussi d’une organisation sans but lucratif, fondée en 2008 par Salman Khan, qui est présenté sur le site (http://www.khanacademy.org/) comme l’ancien gérant d’un « hedge fund » ayant pris conscience de la nécessité de diffuser le savoir de manière altruiste :


« Nous sommes une petite équipe faisant de notre mieux pour améliorer la manière dont le monde apprend. Trop de gens sur Terre n’ont pas accès à de bons matériaux éducatifs ou sont forcés d’apprendre au travers d’un système qui ne prend pas soin de leurs besoins individuels de manière appropriée. Nous croyons que la technologie existe aujourd’hui pour fondamentalement changer ceci et nous essayons de construire les outils et les ressources que chaque étudiant mérite […] Toutes les ressources du site sont accessibles à tous, que vous soyez étudiant, enseignant, scolarisé à la maison, principal [directeur d’école], adulte revenant aux études après 20 ans ou un alien amical essayant de placer un pied dans la biologie terrestre. Les ressources de la Khan Academy vous sont accessibles gratuitement ».

Le site revendique, en octobre 2012, plus de 3 500 vidéos, chacune ayant moins d’une dizaine de minutes, correspondant à l’enseignement scolaire. On peut s’inscrire comme apprenant ou comme coach, auquel cas, on a accès à une interface particulière. Le site présente des exemples d’usages du système dans une classe.

Udacity

Ce site (http://www.udacity.com/) a été fondé en 2011 par Sebastian Thrun, un spécialiste d’intelligence artificielle à l’Université de Stanford. La vision affichée est analogue aux précédentes :


« Udacity est un type totalement nouveau d’expérience éducative : vous apprenez en résolvant des problèmes difficiles et en poursuivant des projets udacieux (sic : udacious) avec des universitaires reconnus (et pas en regardant de longues conférences ennuyeuses)… En retour de votre dur travail, Udacity offre une gamme d’options de certification qui sont reconnues par des entreprises technologiques connues recrutant activement parmi les étudiants d’Udacity »…


Le travail collaboratif est valorisé. Il existe une possibilité de certification, qui est payante. En octobre 2012, une quinzaine de cours étaient offerts, essentiellement dans le domaine des mathématiques, de l’informatique et des technologies nouvelles. Ils sont classés en débutant, intermédiaire, avancé. Le site revendique 120 000 affiliations.

Udemy

Udemy (http://www.udemy.com/) adopte un positionnement un peu différent ; l’inscription y est aussi gratuite et on découvre une très longue liste de cours offerts sur des sujets très différents. La lecture des termes d’usage éclaire sur le modèle économique :


« Le site est seulement un marché d’instructeurs et d’utilisateurs. Nous n’employons pas d’instructeurs et ne sommes pas responsables des interactions entre les instructeurs et leurs clients respectifs. Nous ne sommes pas responsables pour les disputes, les revendications, les pertes, les blessures (injuries) ou les dommages de tout type qui pourraient survenir en relation avec la conduite des instructeurs et des usagers, en incluant, de manière non limitative, toute confiance (reliance) que les usagers pourraient avoir relativement aux informations fournies par les instructeurs ».


Certains cours sont gratuits, d’autres demandent une participation. Il semble donc s’agir d’un site de courtage, recrutant des fournisseurs de contenus et prélevant un pourcentage sur les frais payés par les inscrits.

Coursera
Ce site ([https://www.coursera.org/], revendique presque 2 millions d’inscrits fin octobre 2012 et des accords avec 33 universités réputées, dont l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

La vision affichée sur leur site est la suivante :


« Nous sommes une entreprise sociale [ a social entrepreneurship company] qui entretient des partenariats avec les universités de pointe au niveau mondial pour offrir des cours en ligne gratuitement, à tous. Vous entrevoyons un avenir où les universités de pointe n’éduquent pas des milliers mais des millions d’étudiants. Notre technologie permet aux meilleurs professeurs d’enseigner à des dizaines ou des centaines de milliers d’étudiants. Nous espérons ainsi donner à tous accès à une éducation de classe internationale qui n’a été jusqu’ici accessible qu’à quelques uns. Nous voulons fournir aux gens [empower people with] une éducation qui améliorera leurs vies, la vie de leurs familles et les communautés où ils vivent ».

ITyPA

Il s’agit d’un site en français (http://itypa.mooc.fr/), récemment mis en ligne, offrant un cours unique pour l’instant : Internet, tout y est pour apprendre, correspondant à l’initiative d’un groupe d’enseignants chercheurs et de spécialistes des technologies d’apprentissage. Le site précise son orientation :


« Chaque semaine, nous aborderons une nouvelle thématique. Quelques ressources vous seront proposées pour amorcer les échanges. Les apports, lectures et propositions de chacun viendront les enrichir. Un résumé de vos productions sera proposé chaque jour, sous forme de newsletter (pardon pour l’anglicisme mais certains seront difficiles à éviter).

Enfin, pour conclure la semaine, une réunion hebdomadaire en ligne aura lieu le jeudi soir à 18:00 (heure de Paris). Elle nous permettra de faire le point sur le sujet et de profiter de la synthèse d’un expert du domaine. Cette réunion sera enregistrée pour ceux qui ne peuvent se libérer. Rendez-vous en direct ou en différé sur la chaine Youtube du cours ».

Discussion

Le bref panorama qui vient d’être présenté indique très clairement l’émergence de nouvelles offres de formation. Un certain nombre de points peuvent être soulignés :

  • La notion d’étude de ressources en autonomie est centrale, tout comme celle de communication entre apprenants.
  • Les ressources proposées sont de différents types. On note l’importance des vidéos de courtes durées (moins de 10 minutes), situées sur différents sites et, en particulier, Youtube.
  • Les finalités et modèles économiques sous-tendant les initiatives actuelles ne sont pas toujours explicites. Certaines initiatives semble bien correspondre à des idées de partage généreux de la connaissance, éventuellement financé par des mécènes, d’autres encore mettent les usagers à contribution.

Il sera intéressant d’analyser le devenir de ces initiatives ; dans quelle mesure s’agit-il d’un mouvement de fond, d’une réorganisation possible des systèmes éducatifs pour s’adapter aux nouvelles possibilités des réseaux ? D’une réorganisation à terme, du mode de fonctionnement des écoles ? Quelles peuvent en être les répercussions sur les offres existantes ?

Comment peuvent s’organiser le suivi et l’animation de très grands groupes d’apprenants ? Comment, enfin, maintenir la motivation d’apprenants dont on sait que beaucoup ont des difficultés à organiser leurs parcours en autonomie ?

Références

Abelson, H. (2005). Open Sharing at MIT. Consulté de http://edutice.archives-ouvertes.fr/edutice-00001432

Downes, S. (2010). New Technology Supporting Informal Learning. Journal of Emerging Technologies in Web Intelligence, 2(1). doi:10.4304/jetwi.2.1.27-33

Henri, F. (2011). Où va la distance ? Est-ce la bonne question ? Distances et savoirs, 9(4), 619-630.

Siemens, G. (2008). Connectivism : A learning theory for the digital age. URL :(http://www. itdl. org/Journal/Jan_05/article01. htm),[Accessed August, 2011].

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[1Massively Online Open Courses. Je ne connais pas d’acronyme similaire en français. Cours en LIgne Massivement Ouvert - CLIMO ? Apprentissage Massivement Ouvert en Réseau - AMOR ?


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25 juin 2017
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